La mission

Nos candidats sont en mission à travers le monde pour analyser, comprendre et découvrir la richesse des activités de l’énergie et de l’environnement. Ils s’engagent, comme tous les collaborateurs de GDF SUEZ, pour une énergie responsable.

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Les 2 equipes

Perrine et Julien

actuellement en France

Marc et Laure

actuellement en France

Lifou

26/11/2010

Tout juste débarqués du vol Air Caledonie, nous sommes récupérés par Yann, employé EEC :
« Il fait trop chaud ici. Moi j’habite là, mais je suis fait pour vivre au pôle Nord ! » commence-t-il avec un sourire.

Lifou

Puis il nous emmène voir une grotte, la Grotte du Diable. Nous laissons le 4×4 dans une prairie, et suivons un sentier qui s’enfonce dans la forêt. Il flotte une odeur de végétation chaude. Le sentier longe des cultures d’ignames, manioc, et autres tubercules, qui sont la base de l’alimentation mélanésienne.

La Grotte du Diable, et Perrine

« Ça vous gratte ? C’est normal. Sur les plantes il y a plein de fourmis microscopiques qui lâchent une substance urticante sur la peau. Essayez de ne pas trop vous frotter aux feuilles. »
La grotte est une caverne majestueuse trouée en son sommet. Des racines plongent jusqu’au sol, une trentaine de mètres plus bas. En dépassant deux crânes humains, Yann nous explique que les tribus de Lifou étaient cannibales avant l’arrivée des missionnaires. On retrouve des squelettes un peu partout dans les grottes et les arbres, lieux de prédilection des sépultures.

Bien vite Perrine et moi apprenons que Lifou est très différente de la Grande Terre. D’abord en termes géologiques. L’île est en réalité un énorme bloc de corail, ce qui pose de très fortes contraintes pour s’approvisionner en eau potable, car il est très difficile de percer le sol pour atteindre la lentille d’eau, et pour se déplacer : en dehors des espaces aménagés (routes, champs, jardin…), l’île se transforme rapidement en un champ de pierres acérés sur lesquelles pousse malgré tout une végétation anarchique. Pas de grandes fougères, de pins, ou de palmiers ici, mais un enchevêtrement de racines et de lianes.

L’île est aussi beaucoup plus traditionnelle que la Grande Terre.
« Ici, on n’a pas le stress de Nouméa. » nous explique Yann. Ce qui est assez cocasse car à Nouméa « on est loin du stress de la métropole ! » La perception du temps est différente nous dit-on. En réalité elle n’existe pas : traditionnellement, les mélanésiens ne conceptualisent ni le Passé ni le Futur, seul le présent compte. Il est donc parfois difficile d’embaucher des locaux car la notion d’urgence n’existe pas : « Pour se rendre à un endroit, ils peuvent tout aussi bien mettre 1h que 3 jours, ça n’a aucune importance. Ici le Pacifique porte bien son nom. »

Les coutumes sont encore très ancrées, et l’île entière est organisée en tribus. D’ailleurs, elle possède un statut spécifique adapté : la propriété privée est interdite, et les chefs de tribu sont reconnus par l’État et perçoivent à ce titre une indemnité. Ils ont de fait un véritable rôle d’administration de la tribu, car ce sont notamment eux qui donnent la terre.
« Le chef peut décider de donner la terre à une famille pour qu’elle y construise sa maison. Il peut aussi décider que les futurs enfants d’une famille soient donnés à une autre qui ne peut en avoir. » Il est en effet commun qu’un ou des enfants soit donnés à la naissance (généralement à un membre de la famille vivant dans la même tribu) en reconnaissance d’un service.
Les maisons elles, se composent maintenant de deux bâtiments : une maisonnette pour la cuisine et le salon, et une case en paille pour la chambre. Chaque jardin est très bien entretenu car le chef peut punir celui qui ne veille pas à ce que la tribu soit la plus propre possible.

Enfin, comme au Pérou, le vouvoiement n’existe pas. Tout le monde se tutoie. Le respect se manifeste autrement, notamment par des offrandes : des étoffes, de l’igname pour les hommes, ou du niaouli pour les femmes… (le Niaouli est un arbre dont on extrait de l’écorce une huile très réputée pour ses vertus).

Nous visiterons la centrale thermique qui alimente toute l’île en électricité : plusieurs moteurs à explosion de puissances différente. Le lendemain, ils installait d’ailleurs un nouveau groupe qui pourra fonctionner en partie avec l’HVU non consommée de l’Île Ouen pour réduire la consommation en gasoil.

Le troisième jour nous devions nous rendre à Tiga, une toute petite île au Sud, qui a la particularité de n’être approvisionnée en électricité que par des panneaux photovoltaïques. C’est la première fois que l’on fait du 100% solaire, car généralement il y a toujours au moins un groupe électrogène pour compenser en cas de pluie ou de nuages.
Mais le Capitaine du bateau refuse compte tenu du vent et de la houle. Car à Lifou, nous sommes à la limite du plus grand lagon du monde et de l’Océan. Et les disparitions de pêcheurs sont fréquentes.

En plus d’avoir été remarquablement bien accueillis, nous avons mangés comme des rois. Carpaccio de thon jaune, crabe des cocotiers, poissons des îles grillés et sauce à la vanille, sans oublier les légumes locaux, majoritairement des tubercules. C’est bon, c’est frais, et c’est sain. Trois autres spécialités que nous n’avons pu goûter faute de temps sont la langouste, la roussette (chauve-souris de la taille d’un faucon), et enfin le bougna. Le bougna est un mélange de viande et de légumes cuits dans la terre et enroulés dans des feuilles de bananiers. Cela m’a rappelé un autre plat traditionnel identique : la Pachamanca au Pérou.

Mahi Mahi grillé et sa sauce vanille, igname (quart rose), pomme de terre endémique, poix, herbes, purée, manioc, et banane frite.

Enfin pour terminer cette visite de Lifou, la plus grande des Îles Loyautés, voici un petit dictionnaire de Dréhu, la langue principale locale :
Bonjour = Bozu
Comment ça va ? = Hape u lai ?
Au revoir = Edrae hë

Julien, pour GE

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7 commentaires sur cet article

  • sylvaine


    28/11/2010

    très sympa votre virée « gastronomique  » :-)

  • Maytthave (May) Ongusaha


    29/11/2010

    Is it possible to write your articles in English please?
    just for our understanding. :-)
    many thanks
    May

    • The Golden Eyes


      30/11/2010

      Hello May,
      Most of our articles are only available in French for the moment. However we are working on their translation and it should be available shortly. We will let you know when that happens, and in the meantime, thank you for your interest in our mission !

  • RAHOUNI


    29/11/2010

    Un vrai voyage à travers le temps;préhistoire, modernité,gastronomie éco….
    Quel PLAISIR DE PARTAGER CES IMAGES

    • The Golden Eyes


      30/11/2010

      Merci Hassan ! Vos encouragements nous persuadent de continuer dans cette voie !

  • corine


    01/12/2010

    Merci pour les commentaires passionnants sur les us et coutumes locales. Nous apprenons beaucoup grâce à vous. Et les interviews/ fiches métiers sont vraiment enrichissantes. Bravo, persévérez!

  • Maytthave (May) Ongusaha


    01/12/2010

    Yes I am very curious and interesting! :-)

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    ÊTRE UTILE AUX HOMMES